Google vous piste : comment vous en protéger

Au milieu de ces (très) nombreuses entreprises qui collectent vos données personnelles à des fins lucratives (entre autres), Google tient une place à part de par son omniprésence. Et si ses multiples services sont gratuits, c’est bel et bien parce que chacun de ces services scrute dans votre vie personnelle pour en apprendre toujours un peu plus sur vous.

Inutile de pester contre la perspective d’un futur orwellien : nous sommes déjà dans le monde d’Orwell. À la seule différence, et elle n’est pas négligeable, que contrairement à ce que 1984 vous raconte, vous avez (encore pour l’instant) les moyens de vous en protéger.

Cela vous évitera sans doute ainsi une expérience similaire à celle qu’ont vécue récemment deux honnêtes pères de famille américains qui, constatant que leur très jeune fils a un gonflement du pénis, prennent ce dernier en photo et l’envoient par mail à un pédiatre pour une téléconsultation. Or, leur téléphone étant synchronisé avec le Google Drive de leur compte, une copie de la photo arrive sur la plateforme cloud, et l’intelligence artificielle de Google, pas si intelligente que ça apparemment, lance le signal d’alerte pour cause de “pédopornographie”. Les autorités sont alertées et les comptes Google des deux papas sont totalement bloqués. S’ensuivent de rapides enquêtes où les inspecteurs de police comprennent que c’est une méprise et innocentent totalement les papas. Sauf que malgré les papiers fournis par les autorités, Google persiste à laisser les comptes bloqué.s

C’est arrivé il y a quelques semaines, et à ce jour les comptes Google ne sont toujours pas remis en service. C’est ce qui arrive quand on laisse la tech prendre trop de pouvoir, au point qu’elle finisse par se considérer au-dessus des lois, et qu’elle estime que ses décisions, aussi arbitraires soient-elles, valent plus que vos droits d’individu lambda.

Aucun doute qu’il y aurait eu aussi des alertes sur OneDrive (Microsoft) ou iCloud (Apple), sauf qu’il est probable que des mesures moins radicales auraient été prises et que, sans doute, une intervention humaine préalable aurait évité ces complications aussi inutiles que toxiques. N’est pas Google qui veut.

Le but de cet article n’est évidemment pas de vous conseiller de fuir Google (mais si vous le voulez, vous le pouvez), simplement de vous inciter à agir en responsabilité, en connaissant les “sacrifices” que cela vous impose et en prenant certaines dispositions tendant à les diminuer considérablement.

Protection globale de votre compte Google

Le plus généralement, la création de votre compte Google se fait lors de la création d’une adresse Gmail. À partir de cet instant, vous êtes un élément à part entière de l’univers Google, le traçage peut commencer (et d’ailleurs il commence directement), et votre binôme adresse email / mot de passe devient la clé d’accès à tous les services Google que vous souhaiterez utiliser.

Dans votre compte Google, auquel vous accédez après avoir cliqué sur votre avatar en haut à droite de l’écran Google ou Gmail, puis sur l’option Gérez votre compte Google.

Dans le menu Données et confidentialité, il vous est proposé le menu suivant :

En cliquant sur la première section, vous accédez à ceci :

Choisissez les options que vous voulez, mais pour une confidentialité maximale, je vous recommande de tout suspendre. Cela vaut particulièrement pour une utilisation sur mobile, car si Google saura en temps réel où vous vous trouvez (à supposer que vous ayez activé la localisation), il ne gardera pas trace de vos déplacements et sera donc incapable de “se souvenir” des endroits, magasins ou autres vous avez fréquentés.

Ensuite, il vous est proposé de définir quoi partager et avec qui. Là encore, c’est une question de choix personnel, et dans le doute j’ai tout désactivé.

Ces mesures de protection, et les interdictions que vous pouvez ainsi formuler, ne sont pour autant pas miraculeuse. Il restera à Google de nombreuses possibilités, à commencer par vos contacts sur votre téléphone si vous êtes sur Android. L’annuaire de vos contacts ainsi que les échanges avec eux révéleront beaucoup de choses à Google sur votre univers personnel. Il est impossible de contrer cela sur Android. Ce n’est pas nécessairement grave, du moins dans le présent, mais c’est une donnée qu’il vous faut garder bien à l’esprit.

Dans le search

Sur PC et sur Mac, les choses sont sensiblement plus simples car, à moins d’être sous Chrome OS (vous le faites exprès là, hein ?), Google n’a pas la mainmise sur vos données personnelles. C’est seulement (mais c’est déjà beaucoup) quand vous lancez votre navigateur web que les choses se compliquent.

La première recommandation que je vous formulerais (mais vous faites ce que vous voulez !), notamment si vous appréciez Chrome, serait de vous orienter vers un de ses forks. Notamment Brave, qui est allégé de toute la télémétrie Google et vous protège par tout un package d’extensions intégrées pour protéger, autant que faire se peut, la confidentialité de vos données.

Si vous n’êtes pas spécifiquement attaché à l’environnement Chromium, il reste évidemment Firefox (mon choix), dont la dernière version intègre des bloqueurs de pistage qui dépassent tout ce qui a pu exister jusque là. À un moment un peu dépassé par les évolutions, Firefox a remonté la pente et se comporte aujourd’hui brillamment, avec beaucoup de fluidité et de réactivité.

Cela étant dit, et deux précautions valant mieux qu’une, rien ne devrait vous interdire d’installer l’extension Don’t Track Me Google, disponible ici pour les navigateurs de type Chromium (Chrome, Brave, etc.), et ici pour Firefox.

Même s’il comporte par défaut de nombreux dispositifs de précaution en termes de confidentialité, Safari est le grand perdant de ce challenge car, malgré ses qualités très spécifiques et ses défauts très spécifiques aussi, il ne propose pas d’extension équivalente. Vous ne serez donc jamais certain, sous Safari, que Google soit en impossibilité de vous pister.

En conclusion…

On ne fera pas de miracles. Il est trop tard pour se protéger complètement des invasions de Google dans nos vies privées. Même en se dégooglisant complètement, il restera les traces du passé, soigneusement conservées.

Mais il reste encore des moyens de limiter ces intrusions :

  • Utiliser un navigateur respectueux (Brave, Firefox) : je ne suis pas sûr d’avoir de bonnes raisons de vous recommander Edge. S’il est plus vertueux que Chrome, et si une bonne partie de sa télémétrie peut être désactivée dans Windows 10 et 11, cela reste le navigateur d’une grande entreprise qui, pour des questions de revenus publicitaires, a tout intérêt à savoir le plus de choses possible à votre sujet.
  • Utiliser un moteur de recherche respectueux (Qwant, DuckDuckGo)
  • Utiliser un fournisseur d’email respectueux (Protonmail)

Ainsi Google détiendra certes votre passé, mais n’aura que très peu de vue sur votre futur. Mais une fois de plus, c’est à vous de voir. Si vous préférez – ce que je comprends – continuer d’utiliser les services de Google, sortez couverts, ou faites-le en sachant que tout ce que vous ferez sera tracé et enregistré.

Image par Firmbee de Pixabay

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